Visite des zones inondées le long du fleuve Mono au BENIN

La visite des zones inondées par la crue du Fleuve Mono, débutée le 22 septembre au Togo a conduit les 28 et 29 septembre, une délégation de la direction générale de la CEB au Bénin pour procéder au constat et sensibiliser les populations béninoises riveraines du fleuve mono, touchées par la montée des eaux.

Première journée (28/09/2022) :

La délégation conduite par le Directeur Général de la CEB a entamé la visite par la localité d’Athiémé située du côté Est du village d’Agomé Glozou (Togo).

Reçue par le Maire de ladite localité et après son mot de bienvenue, la délégation a participé à une séance d’échanges en présence des représentants de l’Autorité du Bassin du Mono, de la délégation de l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC), de la Croix-Rouge Bénin, des Chefs d’Arrondissement et des agents de la Commune.

Le maire a rappelé le contexte de la rencontre, à savoir la visite sur initiative de la CEB, des zones touchées par la crue du Fleuve Mono. Il a salué cette initiative qui rassemble tous les acteurs intervenants dans la gestion des catastrophes avant de donner la parole au Directeur Général de la CEB.

Prenant la parole, le Directeur Général de la CEB a remercié les différentes parties prenantes pour avoir donné un écho favorable à cette initiative qui vise à se rapprocher des populations pour mieux comprendre les difficultés qu’elles vivent et réfléchir aux approches de solution à moyens et long termes pour amenuiser les pesanteurs du phénomène. C’est aussi l’occasion d’apporter des lumières à l’opinion publique qui pense que la CEB est responsable de la crue du Mono du fait de l’ouverture du barrage de Nangbéto.

Le Directeur Général a précisé que bien que cette lecture des choses est erronée, il ne demeure pas moins que les eaux quelles que soient leur origine, créent beaucoup de dégâts. Il urge donc de pousser les réflexions plus loin afin de faire de ces eaux, un tremplin pour les populations d’Athiémé et toutes celles touchées par ces inondations.

Il a évoqué la nécessité de faire des échanges d’expériences de part et d’autre des frontières afin que les bonnes initiatives et pratiques soient davantage vulgarisées. Il a souhaité que dans un futur proche, des excursions soient organisées afin de permettre aux maires et aux conseillers municipaux d’aller découvrir le barrage, mieux comprendre son fonctionnement ainsi que les initiatives privées qui s’y mènent dans le cadre de la valorisation du lac. Il y’a eu des réflexions allant dans le sens de créer au Togo le modèle de Ganvié où les populations ont su cohabiter avec les eaux. Cette démarche pourrait être une approche de solution devant des populations réticentes à quitter définitivement leur milieu.

Ces visites et partage d’expérience auront l’avantage d’appréhender d’une autre façon ces eaux, qui quoi qu’on dise, sont une richesse.

La parole a ensuite été donné au Directeur Exécutif Adjoint de l’Autorité du Bassin du Mono qui a présenté l’Autorité et les grands chantiers en cours en vue d’obtenir les informations les plus fiables sur le bassin pour mieux orienter les actions. Il est revenu sur la richesse que constitue ce bassin et cité des exemples sous régionaux de mise en valeur des eaux au premier titre desquels l’exemple sénégalais.

La parole a ensuite été donnée aux chefs d’arrondissement qui ont exprimé les préoccupations de leurs populations. Ils sont revenus sur le besoin d’électrification. En réponse, le Directeur Général de la CEB leur a expliqué les mécanismes mis en place par l’Etat béninois et a réitéré sa disponibilité au maire dans ce sens.

Deuxième journée (29/09/2022) :

Arrivée à la commune de Grand Popo aux alentours de 10h, la délégation a été reçue par le maire de la Commune qui a salué l’initiative de la CEB aux fins d’éclaircir l’opinion sur l’origine des eaux et surtout pour mieux apprécier la nature des désagréments occasionnés par la crue du fleuve Mono à Grand Popo. Il n’a pas manqué de rappeler les bienfaits de l’eau mais aussi le danger qu’elle constitue lorsqu’elle prend d’assaut les populations et leurs cultures. Pour lui, il est question au cours de cette visite de réfléchir ensemble aux pistes de solutions pour amenuiser auprès des populations, l’impact négatif de ce phénomène.

Le Directeur Général de la CEB, prenant la parole, a dans un premier temps salué la présence des différentes autorités administratives et surtout celle du préfet du Département du Mono, qui a tenu à participer personnellement à ladite réunion, au vu de l’importance du sujet à discuter.

Pour le Directeur Général, il urge de faire davantage connaître la CEB et surtout faire comprendre le fonctionnement du barrage de Nangbéto afin de mettre fin aux spéculations qui accourent. Il a donc édifié l’assistance sur les missions assignées à la CEB qui est une entreprise de développement des deux pays dans le domaine électrique qui accompagnent les deux gouvernements à apporter l’électricité de part et d’autres des frontières mais aussi à former des ressources humaines compétentes à travers son Centre de Formation Professionnelle et de Perfectionnement.

Il a réitéré la volonté réelle de la CEB à se joindre aux acteurs traditionnels de la lutte contre l’impact négatif de la crue du Mono. Toutefois, a-t-il précisé, l’approche de la CEB ne consistera pas à s’inscrire dans les mêmes actions que la Croix-Rouge et l’ANPC, qui d’ailleurs ont acquis bien des expériences au fil du temps. Il s’agira plutôt pour elle, de créer une dynamique de réflexion allant vers des solutions durables et des initiatives de nature à tirer le meilleur profit de ces eaux.

Après l’intervention du Directeur Général de l’Agence pour le Développement Economique et l’Aménagement, qui a abordé la nécessité de draguer le lit du fleuve, le Directeur Général de l’ANPC a donné certaines informations au conseil municipal sur le FONCAT et les nouvelles dispositions prises par le gouvernement dans le cadre de la gestion des catastrophes. Il a été rappelé que les actions devront, dès l’année prochaine, être menées par la mairie qui devra les inscrire dans son plan de travail annuel et actualiser son plan de contingence.

Le président de la Croix-Rouge a quant à lui marqué la disponibilité de son institution pour accompagner comme toujours les différents acteurs afin de soulager les populations devant l’ampleur des dégâts. Il a salué l’arrivée de la CEB dans le lot des acteurs impliqués dans la dynamique.

Pour le Directeur exécutif adjoint de l’Autorité du Bassin du Mono, les démarches sont en cours pour fédérer les différentes synergies pour faire du bassin du Mono, une opportunité pour le développement économique des deux pays.

La parole a ensuite été donnée aux conseillers municipaux qui ont exprimé le désarroi de leur population et souhaité que la CEB puisse apporter son soutien à la résolution des problèmes auxquels la Commune de Grand Popo est confrontée. Quelques interventions allant dans le sens de l’accusation de la centrale de Nangbéto comme étant à l’origine de la crue, ont mérité des éclaircissements de la part du Directeur Général, du Directeur Général Adjoint et du Directeur de la Centrale de Nangbéto. A ce niveau, il a été rappelé aux conseillers municipaux le rôle de régulation du fleuve qui fait partie des missions assignées à la Centrale de Nangbéto. Le Directeur de la Centrale a tenu à préciser que le volume d’eau actuel retenu par le barrage de Nangbéto est largement au-delà de ce dont elle a besoin pour faire tourner ses turbines.

La capacité de rétention du barrage étant limitée à un certain seuil, lorsque ce seuil est atteint, il est impérieux de laisser passer l’eau en prenant des dispositions qui permettent de réguler la quantité à lâcher tout en réduisant la vitesse de l’eau. Contrairement donc aux spéculations, le barrage contribue pour beaucoup à réduire la quantité d’eau drainée par le Mono qui en l’absence du barrage se retrouverait en totalité à Grand Popo. Aux titres des solutions, ils ont évoqué la nécessité de poursuivre le projet de construction du barrage d’Adjalala et d’initier la construction de nouveaux barrages.

Le Préfet du département du Mono, prenant la parole pour clôturer la réunion a tout d’abord salué l’initiative de la CEB et s’est réjoui de la compter désormais parmi les acteurs dans la gestion des problèmes d’inondation dans le Département du Mono. Il s’est ensuite félicité de l’accréditation de la mairie de Grand Popo pour le FONCAT et a exhorté la commune à s’impliquer davantage dans l’anticipation et la gestion des risques. Il a enfin souhaité que les conclusions de la rencontre fassent l’objet d’un rapport pour le suivi des actions à mener à court et long terme.

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